OPPOSITION A LA TOILETTE ET CALMANTS

Vous-même ou une personne de votre entourage souffre de la maladie d’Alzheimer : comment organiser le quotidien, aujourd’hui, demain ?

Bernard Pradines, gériatre français en retraite, ayant exercé dans le service de Soins de Longue Durée du Centre Hospitalier d'Albi de 1991 à 2010 répond à vos interrogations.

Modérateur: PRADINES

OPPOSITION A LA TOILETTE ET CALMANTS

Message par francoisb » Ven 21 Sep 2012 12:36

bonjour,

Je m'occupe de ma tante 78 ans qui souffre depuis 9 ans d'une aphasie primaire progressive. Elle est en EHPAD depuis 2 ans, bien adaptée. Depuis environ 1 mois et demi elle s'oppose certains jours à la toilette qui est faite au lit; Elle a peur, elle crie qu'on la laisse tranquille. Elle ne comprend plus ce qu'on lui veut. Elle pleure. Parfois elle accepte la toilette. Elle porte des protections.

C'est survenu à peu prés au moment où elle est passée en fauteuil roulant car ses jambes ne la portaient plus et dans le même temps elle a été changée de salle à manger car elle avait besoin qu'on l'aide à manger.

L'Ehpad a obtenu du médecin de psycho gériatrie de l'hôpital qui ne l'a vue qu'une fois pendant la toilette un traitement Xanax/Norset/Risperdal, lequel a conclu du témoignage de l'infirmiére qu'elle était agitée en permanence, ce qui n'est absolument pas le cas et donc il lui a prescrit un traitement sédatif. Avant elle avait Effexor et EBIXA depuis 5 ans qui lui convenait bien. Le lendemain de la prescription sédative elle a fait un aller retour à l'hopital sur suspicion d'AVC,vu l'aggravation de son état, elle n'avait plus de tonus, ne controlait plus son corps, était incapable d'articuler et était confuse. Elle penchait sur sa droite et avait vomi à plusieurs reprises.Je n'ai été averti que le lendemain quand je suis venu la voir.

Ce traitement l'a rendu apathique, affaissée sur le coté droit, sans tonus, incapable de parler et n'ayant plus la force de manger et de déglutir. Malgré ce traitement elle est restée opposante à la toilette environ un jour sur 2....Elle ne comprend pas ce qui lui arrive lors de certaines mobilisations qu'elle perçoit comme douloureuses et semble être encore plus déprimée. Rapidement elle a été en difficulté pour manger puis elle a cessé de se battre pour manger disant parfois « à quoi bon » et a refusé les médicaments écrasés.Cela a eu au moins l'effet qu'elle a moins pris son traitement et a récupéré un peu de tonus. Voyant cela, j'ai demandé à son médecin traitant de diminuer le Xanax et de supprimer le Risperdal, ce qu'il avait déjà commencé en diminuant la dose de Risperdal de moitié. Depuis lundi elle n'a plus d'antipsychotique mais l'Epahd vient de demander hier au médecin ce jeudi d'en remettre pour la calmer, sans que je ne soit averti alors que je suis très présent, et que je suis son tuteur.

Le médecin traitant leur a donné consigne de jouer sur le comportemental sans que cela ait de grands effets. Elle est couchée à 19h30 et la toilette est réalisée à 11h du matin ensuite elle est installée dans son fauteuil et accompagnée en salle à manger..Ses appareils auditifs ne lui sont pas toujours mis dés le matin et elle les refuse parfois suite à la toilette car elle est alors en refus de tout. Les aides soignantes sont très gentilles, attentives, consciencieuses et respectueuses. Mais elles sont démunies et ne sont pas accompagnées au niveau technique. La seule réponse étant médicamenteuse.

J'ai vu que la HAS préconise une approche comportementale, est ce que vous avez de la doc, des conseils sur la façon de faire la toilette à une personne dans son état? Les infirmières n'ont rien à proposer et le médecin coordonnateur de l'Ephad non plus, sinon des médicaments qui visiblement ont des effets secondaires violents.



Je vous remercie de votre aide.

François Belnoue
francoisb
 
Message(s) : 1
Inscription : Jeu 20 Sep 2012 21:36

Re: OPPOSITION A LA TOILETTE ET CALMANTS

Message par BONNEVF » Sam 29 Sep 2012 10:25

Bonjour,
L’opposition à la toilette et aux soins n’est pas une conséquence directe de la maladie, mais une réaction bien légitime, comme vous le dites fort bien à des soins que votre tante ne comprend plus. Elle n’est pas devenue agressive elle ne fait que se défendre.
La réponse à cette situation ne passe pas par des traitements médicamenteux ? La réponse passe par stratégies de soins bien particuliers faisant appel à des techniques de communication adaptées aux patients. C’est ce que disent les recommandations
Plusieurs techniques existent, parmi toutes ces méthodes, celle qui est la mieux mise en forme pour être enseignée et dont les résultats sont reproductibles est pour ma part la méthodologie de soin de Yves Gineste, vous trouverez toutes les infos à ce sujet sur internet et sur le site âge village. Mais comprenons nous bien, je ne dis pas que c’est la seule méthode de formation, je dis que c’est celle qui me parait le mieux adaptée actuellement pour éviter les comportements troublés de ces patients sachant que les traitements médicamenteux ne marchent pas et sont dangereux
Les équipes et les établissements bien formés à cette prise en soin ont des réponses, qu’eux qui n’en n’ont pas se forment, sous réserve bien sur d’équipe en nombre suffisant Car, l’insuffisance de moyen humain est un obstacle bien légitime à toute tentative d’amélioration et de formation .La HAS recommande mais les moyens ne suivent pas
Il ne reste plus lors que le médicament.
BONNEVF
 


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