le non respect

Vous-même ou une personne de votre entourage souffre de la maladie d’Alzheimer : comment organiser le quotidien, aujourd’hui, demain ?

Bernard Pradines, gériatre français en retraite, ayant exercé dans le service de Soins de Longue Durée du Centre Hospitalier d'Albi de 1991 à 2010 répond à vos interrogations.

Modérateur: PRADINES

Re: le non respect

Message par marthe » Ven 19 Fév 2010 09:14

Bonjour,

Mon rendez vous avec le médecin, le cadre, le psychologue , une infirmière et une aide soignante s'est passé !
J'ai fais part de tout ce que nous avons vécu depuis un an, surtout la non prise en charge comment on vous le dit à l'arrivée de " la structure qui s'adapte au patient" et la "surmédication" administrée à mon mari.
En réponse, compte tenu de l'état d'agressivité de mon mari ils étaient obligés de lui administrer de telles doses !
Peu importe des effets que celà peut apporter ! Il fallait protéger le personnel et les autres patients ! et mon mari aussi ! Pas le temps de s'occuper ne serais-ce que quelques instants chaque jour, de chaque nouveau arrivant, le temps de le mettre en confiance dans son nouvel environnement, pas le temps de leur parler, toutes ces choses sont impossibles !
On les "shootent" avec les médicaments ! Celà prends moins de temps et c'est plus facile !
Je pense fortement qu'il s'agit d'un problème d'organisation, et de volonté de la part de toute l'équipe soignante qui va de la direction, au médecin, au cadre, au personnel soignant .
De toutes les façons les mots pour eux sont toujours les mêmes, pas assez de personnel, pas d'argent .....
L'enfer pour nous et pour lui ! Enfin pour les familles qui viennent voir leurs malades chaque jour comme moi, et qui se rendent compte de comment çà ce passe !
Pouvez vous me confirmer qu'il n'y a actuellement que les psychotropes pour apaiser nos malades ? c'est la réponse que j'ai eue !
Dans tous les cas, en arrivant dans ces "lieux " que l'on dit "lieu de vie" , il faudrait dire la phrase suivante " sois malade et tais toi" ! et qu'en plus le personnel soignant est là en grande majorité que pour "du nursing". C'est pas humiliant tout çà !
Cordialement.
marthe
 
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Inscription : Jeu 24 Sep 2009 15:35

Re: le non respect

Message par BONNEVF » Ven 19 Fév 2010 12:52

Bonjour,
la réponse est oui , il y a d'autres stratégies à mettre en oeuvre pour gerer les troubles du comportment;
voici le résumé plublié par la Haute autorité de santé:
? Les troubles du comportement perturbateurs (TCP) ont une origine multifactorielle. Ils
peuvent être déterminés par :
• des facteurs écologiques, liés à l’environnement et l’entourage, aux aidants et aux
professionnels ;
• des facteurs propres à la personne ou à la maladie.
L’enquête doit rechercher en priorité les causes somatiques et psychiatriques, les
facteurs déclenchants et les facteurs prédisposants.
? Il est recommandé d’utiliser en première intention des techniques de soins non
médicamenteuses appropriées aux TCP.
? Les psychotropes n’ont pas d’effet préventif sur la survenue des TCP.
? Un traitement par psychotrope ne doit pas être prescrit sans évaluation préalable en cas
d’opposition, de cris, de déambulations.
Maladie d’Alzheimer et maladies
apparentées : prise en charge des troubles
du comportement perturbateurs
Mai 2009
SYNTHÈSE DES RECOMMANDATIONS DE BONNE PRATIQUE
Ces recommandations portent sur la prise en charge des troubles du comportement
jugés par l’entourage comme dérangeants, perturbateurs, dangereux, que ce soit pour
le patient ou pour son entourage. Sont concernés les comportements perturbateurs
suivants : idées délirantes, hallucinations, opposition, agitation, agressivité,
comportements moteurs aberrants, désinhibition, cris, troubles du rythme veille-sommeil.
Les données de la littérature identifiée dans le cadre de ce travail n’ont pas permis de
fonder les recommandations sur des preuves. En conséquence, toutes les
recommandations reposent sur un accord professionnel au sein du groupe de travail,
après avis du groupe de lecture.
Messages clés
Les TCP sont des symptômes différents dans leur nature, mais qui ont des caractéristiques
communes :
• ils sont fréquents au cours de ces maladies ;
• ils signalent souvent une rupture par rapport au fonctionnement antérieur du patient ;
• ils sont souvent fluctuants en intensité ou épisodiques ;
• ils sont interdépendants, souvent associés, et interagissant entre eux.
? La conduite à tenir recommandée est la suivante :
• apprécier le degré d’urgence, de dangerosité ou de risque fonctionnel à court terme
pour le patient ou pour autrui ;
• interroger et examiner le patient et interroger l’entourage (ancienneté et caractéristiques
du trouble, circonstances de survenue) ;
• rechercher une cause écologique, une cause somatique (rétention d’urine, infection,
douleur aiguë, fécalome, etc.) ou psychiatrique (crise d’angoisse sévère) à traiter en
priorité, ainsi que des facteurs iatrogènes ;
• approfondir l’évaluation clinique des troubles avec leur intensité et leur retentissement ;
• répéter cette recherche étiologique à différents moments de la prise en charge si le
trouble persiste.
ÉTIOLOGIE ET DÉMARCHE DIAGNOSTIQUE
© Haute Autorité de Santé 2009
Ce document présente les points essentiels des recommandations de bonne pratique :
« Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : prise en charge des troubles du comportement perturbateurs »
Recommandations pour la pratique clinique – Mai 2009
Ces recommandations et l’argumentaire scientifique sont consultables dans leur intégralité sur www.has-sante.fr
? Il est recommandé d’observer le comportement du patient quand il est seul et en interaction
avec les autres personnes, et à différents moments de la prise en charge.
? En cas de troubles persistant depuis plusieurs jours, il est recommandé de les objectiver
à l’aide d’un outil tel que l’inventaire neuropsychiatrique (NPI ou INP). Le NPI est un
inventaire de 12 symptômes parmi les plus fréquents au cours de la maladie d’Alzheimer
et des maladies apparentées, qui évalue leur fréquence et leur sévérité, ainsi que le
retentissement sur l’aidant ou le professionnel. Il existe aussi une version courte de
passation plus rapide : le NPI-Réduit, et une version destinée aux équipes soignantes en
établissement : le NPI-ES. Malgré un temps de passation assez long et la nécessité de
former les aidants à cet inventaire, l’usage du NPI est recommandé. Il n’y a pas de
consensus sur l’utilisation systématique de cet outil, notamment en ville. Selon le lieu de
vie, les versions suivantes du NPI peuvent être utilisées :
• à domicile : NPI ou NPI-Réduit, renseigné par l’aidant ou un professionnel ;
• en établissement : NPI-ES, renseigné par les soignants.
? Il est recommandé d’appliquer les trois principes suivants, quel que soit le lieu de vie :
• un recueil écrit des informations qui doivent être rassemblées dans des fiches ou un
dossier pour faciliter leur traçabilité et leur transmission ;
• il est utile qu’un interlocuteur désigné, éventuellement une personne référente, rassemble
ces informations afin de faciliter leur transmission ;
• les différents professionnels en charge du patient doivent échanger et/ou se rencontrer
pour discuter de ces informations et participer ensemble à l’adaptation de la prise en
charge.
? Il est recommandé d’utiliser en première intention des techniques de soins non
médicamenteuses appropriées aux TCP. Elles peuvent permettre d’éviter le recours à des
traitements médicamenteux.
? Les interventions non médicamenteuses sur la qualité de vie, le langage, la cognition, la
stimulation sensorielle, l’activité motrice et les activités occupationnelles n’ont pas apporté
la preuve de leur efficacité. Toutefois, elles peuvent être, tant en ambulatoire qu’en
institution, un élément de la prise en charge thérapeutique globale (accord professionnel).
Elles peuvent être proposées à titre individuel ou collectif et doivent être pratiquées par
un personnel formé.
? Un traitement par psychotrope ne doit pas être instauré si les symptômes sont d’origine
somatique ou iatrogène.
? Les psychotropes peuvent être utilisés lorsque les techniques de soins sont d’efficacité
insuffisante, notamment quand la sévérité des troubles met en danger le patient, altère
son comportement, ou est une menace ou une source importante de souffrance pour son
entourage. Il est recommandé de les utiliser en synergie avec les techniques de soins. Ils
n’ont pas d’effet préventif sur les TCP. Il n’est pas recommandé de les prescrire en première
intention et sans évaluation préalable en cas d’opposition, de cris, de déambulations.
PRISE EN CHARGE THÉRAPEUTIQUE
? La prévention des TCP doit reposer sur une stratégie développée et adaptée à chaque
patient. Les actions générales de prévention concernent :
• l’information et le soutien aux aidants naturels ;
• la formation des professionnels ;
• l’environnement du patient, qui doit être le plus adapté possible à son état.

Mais bien entendu après ils'agit de vouloir mettre en oeuvre, bien sur progressivement ,ces stratégies.
Bien cordialement.
BONNEVF
 

Re: le non respect

Message par brage70 » Mar 30 Mars 2010 22:30

On est en plein dans la maltraitance ! Le plan Alzheimer, c'est vraiment du pipeau. L'urgence c'est la formation du personnel, et son augmentation. Ma mère a été quelques mois dans une unité où il y avait une aide soignante pour 13 malades ! Elles étaient deux le matin pour les toilettes et pour les repas. Il fallait que ça tourne la douche ! Au besoin, elles se mettaient à deux pour la pousser sous l'eau. C'est cela " laisser les malades vivre à leur rythme". Elle était agressive le matin, pourquoi ne pas l'avoir laissée tranquille et donné la douche vers 17 h quand elle était calme ? C'est bien ce qui est préconisé ! En guise d'activités : 13 chaises alignées devant la TV, branchée sur des trucs débiles ou violents, avec scènes de violence ou sanguinolentes, ce n'est pas de la maltraitance ? Très rarement de la musique, rien aux murs à part à Noël. Elle est où l'humanitude ??
Noël, ma mère ne l'a pas vu. Car comme elle n'était pas gentille le matin, le personnel a appelé le médecin traitant qui a prescrit des neuroleptiques. A l'insu de la famille, qui avait bien remarqué qu'elle était abattue et ne parlait plus beaucoup. Mais cela n'avait pas eu d'effet sur l'agressivité matinale. Le médecin est donc revenu et a donné la dose maximale. Ma mère a dormi cinq jours et cinq nuits. C'est comme ça qu'on a su ce qui se passait. Elle a été hospitalisée pour éliminer cette saleté, mais elle ne s'est jamais relevée. Elle qui était entièrement autonome et faisait encore de grandes promenades s'est retrouvée grabataire. Elle n'a survécu que deux mois, un staphylocoque doré étant venu achever le travail.
Parmi les points du plan Alzheimer : la diminution des neuroleptiques, reconnus dangereux pour les Alzheimer. Le corps médical n'est il donc pas au courant? Quand on met un malade dans une unité Alzheimer, on se dit qu'il va être bien. En fait il est rapidement mis sous camisole chimique, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Derrière la maladie, ce sont des êtres humains, avec leurs émotions, leurs bonheurs, leurs souffrances. Un aspect qui est simplement nié pour cause de rendement !
brage70
 
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